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Entretien avec Cynthia McKinney : La conspiration du silenceDepuis quelques jours on ne se moque plus de Cynthia McKinney dans les couloirs du Congrès. Ce n’est pas tant la tenue bariolée de la députée démocrate de Géorgie que raillaient ses pairs. Quelques jours seulement après les événements du 11/9, McKinney était déjà sur le pied de guerre… contre l’omnipotence soudaine de l’administration Bush, et les restrictions de liberté imposées par le Patriot Act. « Que savait l’administration Bush et quand l’a-t-elle appris ? » questionne Cinthya McKinney. A l’heure où nous l’interrogeons, ses collègues, qu’ils soient démocrates ou républicains accompagnent ses interventions au Congrès de moqueries. Alors que la presse internationale fait aujourd’hui la une sur le « mea culpa » de la Maison-Blanche, la députée de l’Etat de Georgie n’est plus l’hurluberlu conspirationniste et anti-patriote de service. Encore faut-il nuancer les propos de Cynthia McKinney. Dès le 21 septembre, elle critique vivement le processus de restriction des libertés civiles fondamentales enclenché par la Maison-Blanche au nom de la guerre contre le terrorisme. Mais plus que tout, elle demande publiquement pourquoi aucune mesure de sécurité n’a été prise avant le 11 septembre, alors que la CIA et le FBI étaient apparemment informés d’attaques imminentes sur le territoire américain. Tony Blair, ministre des affaires étrangères de Bush Cynthia McKinney n’hésite pas à accuser l’administration Bush d’avoir dépêché Tony Blair, « le véritable ministre des affaires étrangères américain », au lieu de Colin Powell qui avait imprudemment promis un rapport sur les événements. Cette obstination à demander une enquête sérieuse lui attire particulièrement les foudres des républicains qui la taxent d’anti-patriotisme. Or, une enquête sur les affaires républicaines pourrait révéler « trop d’informations ». Et les démocrates, à l’image de Thomas Daschle le leader démocrate au Sénat, ne s’y risquent pas, contraint de se soumettre à la pensée unique : qui est contre la guerre, est contre les États-Unis. « A l’heure de l’unité nationale, ironise McKinney dans une imitation du Président Bush, nous ne pouvons pas nous permettre cela […] donc laissez-nous continuer notre guerre contre le terrorisme ». C’est ce que Cynthia McKinney appelle « la conspiration du silence ». A qui profite le crime ? Et le vol 77 projeté sur le Pentagone ? Si Cynthia McKinney n’a pas encore lu le livre de Thierry Meyssan au moment où nous l’interrogeons, elle a en revanche pris connaissance d’un document auquel l’auteur de L’effroyable imposture fait également référence. James Bamford, journaliste d’investigation, reproduit ce document auparavant classé Secret Defense, dans son livre Body of Secrets. On y découvre que certains membres de l’état-major américain, il y a 40 ans, avaient projeté et approuvé l’organisation d’attentats sur le territoire national. Attribués au régime cubain, ces « avions-bombes » auraient justifié une attaque américaine contre Fidel Castro. « Si cela était concevable quarante ans auparavant, pourquoi pas aujourd’hui ? » demande la congresswoman. Pour Cynthia McKinney il reste donc les vraies questions : « Qui sont les auteurs des attentats ? Pourquoi ? Comment ? Qui a aidé ? Qui savait ? Et qui a permis que cela arrive […]. Le peuple américain mérite d’avoir des réponses ». La députée de Géorgie aura-t-elle contribué à briser un tabou ? Pas si sûr, la voix discordante de Cynthia McKinney pourrait bien être étouffée par les probables mesures sécuritaires, consécutives aux prochains attentats, qu’on nous promet encore plus sauvages. Mais cette fois, le FBI semble savoir. Valérie Labrousse * Entretien disponible en vidéo à l’adresse suivante : Site officiel de Cinthya McKinney
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